PORT-LOUIS

Une mosaïque de couleurs et de parfums


Divisé en deux parties qui sont séparées par une rue, le marché propose, d´un côté, des produits de consommation (épices, grains…), des objets touristiques, des légumes, des coins de restauration et, de l´autre, la partie boucherie.

En empruntant le principal passage, on croise, selon l´heure de la journée, touristes, employés qui viennent trouver leur déjeuner, ou encore ceux qui vont faire leur "bazar" au marché des légumes et des grains .

Labyrinthique à souhait, dédale aux parfums d´Orient, d’Afrique et d´Asie, les passages en enfilades qui composent le marché regorgent chacun d´étonnants objets et produits.

Un peu caustiques, un brin forains, souvent bondés, ces ruelles ou couloirs se signalent comme une pépite d´animation. Ils abritent ces étals qui, comme des niches, offrent aux yeux un capharnaüm, tout un bric-à-brac de marchandises venant du terroir autant que des pays étrangers.

Ce qui fait du marché de Port-Louis une mosaïque sociale très populaire irriguée par une diversité de couleurs et d’odeurs.On se laisse ainsi bercer par le parfum des encens, on frôle des tapis malgaches, des nappes, des draps, on caresse des yeux des produits exotiques et des objets décoratifs ou encore on peut se laisser surprendre par le roucoulement des pigeons.

On y trouve de tout dans ce marché à l´allure si vive. Des souvenirs pour les touristes parfois utiles parfois insolites: objets à l´effigie de Maurice, les incontournables maquettes de bateaux, des tambours africains, des bijoux, des tapis, même des masques, t-shirts, pareos, des jeux comme le solitaire, d´innombrables petites sculptures…

En faisant quelques pas de plus, on arrive aux étals où inévitablement le mine frit, le briani, les rotis-faratas, les dholl-puris, les gateaux-piments, l´alouda, le thé… rivalisent de senteurs. Dans l´autre aile du marché, marchands de légumes et de fruits, marchands de tisanes, de plantes médicinales et de fleurs viennent compléter le tableau.

Le marché de la viande et du poisson est situé entre la rue Farquahar et la rue du Quai. Il est également divisé en deux ailes: l’une consacrée à la vente des viandes de boeuf et du porc; l’autre à celle des poissons et des poulets.

La rencontre des continents


On comprend très vite en errant entre les passages du marché que la rencontre est celle des pays différents voire des continents: Afrique, Inde, Chine, Madagascar…, le tout soigneusement emballé dans la particularité mauricienne.

C´est le marché central de Port-Louis, c´est le marché de Maurice. C´est ici que se raconte une certaine histoire du pays. C´est encore ici que le vécu se conjugue au passé-futur.

C´est toujours ici qu´on prendra le rythme d´une île, profonde quand elle le veut et carte-postale quand c´est nécessaire.Mais toutes les belles histoires comportent des notes tragiques. Le bazar de Port-Louis ne fait pas exception à cette règle.

Son histoire est celle des projets inaboutis, des flammes qui ont emporté des parties entières et des espoirs de modernité opposés au rattachement au patrimoine… Ainsi aura vécu le marché central de Port-Louis pendant ses 165 ans d’histoire. Il a été, en effet, fondé en 1835 par le gouverneur William Nicolay et devait coûter 29 392 livres sterling.

Le marché central est, en ce sens, un véritable témoin du patrimoine mauricien alliant le folklore et le terroir dans un élan de défi à la modernité bétonneuse.

Un brin d´histoire


L’histoire du marché prend sa source bien avant la date de sa construction. Avant de s’imposer à la rue de la Reine et à la place du Quai, le marché n’était qu’une foire installée, en 1735, au site où est désormais situé le théâtre de Port-Louis.

On comptait d’autres petits marchés à Port-Louis à cette époque. Un premier incendie, en 1816, provoqua le transfert du marché au Jardin de la Compagnie. En 1826, il s’installa de manière définitive à la rue de la Reine et, en 1828, il prit tout l’espace qu’il occupe désormais, soit 64 500 pieds carrés. La malédiction des flammes s’abattra à nouveau sur le marché en 1981 quand l’aile droite, abritant les étals de grains secs principalement, sera détruite par le feu.

Elle sera reconstruite selon les normes contemporaines après cinq ans. En 1999, un nouvel incendie emportera une partie de l’aile gauche du marché qui n’a pas encore été reconstruite. Un projet de reconstruction du marché, qui maintenant est en train de se concrétiser culminera à la conception d’un marché moderne qui reprendrait l’essence de ce que le bazar de Port-Louis a toujours representé.

Entre son passé et son avenir, le marché de Port-Louis continuera à émerveiller par son charme exotique, son anachronisme déroutant et son irrésistible "dérive" vers la modernité.

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